Frise chronologique
1527-1547
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1527-1547 (≈ 1537)
Commandé par Jean de Mansencal, conseiller parlementaire.
1562
Décès de Jean de Mansencal
Décès de Jean de Mansencal
1562 (≈ 1562)
Transmission à sa veuve puis famille Caminade.
1637-1653
Propriété de Philippe de Caminade
Propriété de Philippe de Caminade
1637-1653 (≈ 1645)
Poète et président, agrandit l’hôtel.
1874
Rachat par les Dominicains
Rachat par les Dominicains
1874 (≈ 1874)
Destruction partielle de la façade sur jardin.
1925
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1925 (≈ 1925)
Protection partielle de l’hôtel.
1968
Départ des Dominicains
Départ des Dominicains
1968 (≈ 1968)
Transformation en résidence moderne et collège.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel Mansencal : inscription par arrêté du 23 mai 1925
Personnages clés
| Jean de Mansencal - Conseiller puis premier président du Parlement |
Commanditaire et premier propriétaire de l’hôtel. |
| Philippe de Caminade - Président au Parlement et poète |
Agrandit l’hôtel et accueille les Lanternistes. |
| Jeanne de Vidal-Miremont - Veuve de Jean de Mansencal |
Hérite de l’hôtel après 1562. |
| Henri Bach - Architecte des Dominicains |
Dirige les transformations de 1879. |
| Père Lacordaire - Fondateur du couvent dominicain |
Initiateur du rachat en 1874. |
Origine et histoire
L’hôtel Mansencal, situé au 1 rue Espinasse à Toulouse, est un hôtel particulier construit entre 1527 et 1547 pour Jean de Mansencal, conseiller puis premier président du Parlement de Toulouse. Ce monument illustre l’architecture Renaissance toulousaine, avec une tour d’escalier de 30 mètres et une façade sur jardin ornée de pilastres superposés (dorique, ionique, corinthien). Profondément remanié aux XVIIe et XIXe siècles, il fut partiellement intégré au couvent des Dominicains en 1874, avant d’être préservé comme élément du collège privé Saint-Thomas-d’Aquin.
Jean de Mansencal, commanditaire de l’hôtel, acquiert plusieurs maisons dès 1527 pour ériger ce bâtiment, achevé avant 1547. Après sa mort en 1562, l’hôtel passe à sa veuve, Jeanne de Vidal-Miremont, puis à la famille Caminade, dont Philippe (1637-1653), poète et président au Parlement, poursuit son agrandissement. Au XVIIe siècle, l’hôtel abrite la Société des Lanternistes, cercle littéraire toulousain. Au XIXe siècle, il devient une pension pour jeunes filles, puis est racheté par les Dominicains en 1874, qui détruisent partiellement sa façade sur jardin pour étendre leur couvent.
La façade sur rue, sobre avec ses fenêtres rectangulaires et sa porte cochère à pilastres cannelés, contraste avec la façade sur jardin, autrefois composée de cinq travées réduites à deux aujourd’hui. La tour d’escalier, carrée extérieurement mais abritant un escalier circulaire, se termine par une voûte nervurée et une terrasse. Les décors intérieurs, comme les grisailles de la salle supérieure, témoignent du raffinement Renaissance. Classé partiellement aux monuments historiques en 1925, l’hôtel conserve des traces de son occupation dominicaine, dont une église néogothique aujourd’hui disparue.
Les transformations majeures surviennent après la Révolution : l’hôtel passe entre les mains de familles parlementaires, puis de la pension Bertier et du collège Henri IV. En 1879, les Dominicains, dirigés par l’architecte Henri Bach, intègrent l’hôtel à leur couvent en détruisant trois travées de la façade sur jardin. Après leur départ en 1968, une partie des lieux est remplacée par une résidence moderne (1968-1972), tandis que les vestiges Renaissance, dont la tour emblématique, subsistent au sein du collège Saint-Thomas-d’Aquin.
L’hôtel Mansencal incarne l’alliance entre pouvoir parlementaire et mécénat artistique à Toulouse au XVIe siècle. Son histoire reflète les mutations urbaines, des cercles littéraires du XVIIe siècle à l’urbanisation moderne, tout en préservant des éléments architecturaux rares, comme la superposition des ordres ou la tour à escalier hélicoïdal. Son inscription en 1925 souligne sa valeur patrimoniale, malgré les altérations subies.